De nombreuses réflexions existent chez les photographes, concernant les fichiers, et plus exactement les extensions des fichiers photos. Cet article fait suite d’un témoignage de Kevin Patrick Robbins, photographe spécialisé en publicité, qui a décidé de ne plus utiliser le format DNG. Voici son témoignage portant sur le format DNG et RAW, mais aussi sur l’utilisation de Lightroom et Capture One.

Quand je suis passée « photographe professionnel » à temps plein, j’ai fait de nombreuses recherches sur de nombreux aspects touchant de près ou de loin à la photographie. J’ai notamment découvert le standard DNG (Digital Negtive Graphics) proposé par Adobe. Il y a de nombreux avantages dans l’utilisation de ce format notamment dans le fait de ne plus utiliser des fichiers Raw propriétaires, mais aussi en terme de vitesse de traitement et de taille de fichier.

La vitesse de traitement : 

Par exemple, dans Lightroom, l’ouverture du fichier et l’affichage des aperçus est beaucoup plus rapide en DNG qu’en RAW. Ces contraintes matérielles de vitesse et de processeur étaient bien présentes il y a 2 ans. Aujourd’hui, avec l’accélération de la carte graphique, l’utilisation possible de disque SSD, et l’ajout facile de la RAM, la taille des RAW, ni son temps d’ouverture n’est plus un problème pour grand nombre de photographes qui investissent dans leur machine de traitement. Sur un bon ordinateur, la différence de vitesse se mesure en microseconde… donc imperceptible !

La taille du fichier :

Concernant la place, sur un disque dur de 2TO de RAW, la conversion au format DNG peut vous faire gagner 400 Go, soit 20% tout de même.

La puissance de traitement

A chaque nouvelle session, je me suis toujours efforcé de faire mieux qu’à la précédente, à apprendre toujours plus. Mon expérience m’a montré que les outils que nous utilisons pour y arriver sont importants. L’an dernier, je suis passée à un CPU I7 et à 32Go de RAM. Considérant mon ordinateur, comme l’outil le plus important de mon flux de travail, plus important même que mon appareil photo, j’ai donc choisit de prendre une machine rapide.

Je considère en effet, que le choix de l’appareil photo est secondaire. Dans les mêmes conditions d’éclairage, la plupart des appareils photos produisent des résultats relativement similaires à l’œil nu. La vraie différence se trouve dans les fichiers d’image qu’ils produisent, et que vous allez visualiser et traiter sur votre ordinateur.

Tous les RAW ne naissent pas égaux

En début d’année, j’ai décidé de tester Capture One Pro. Après quelques sessions de photos, des remarques de clients m’ont été remontées. Mes photos semblaient plus profondes, plus constrastées… Et on me demandait ce que j’avais pu changer dans mon traitement. La seule chose était le logiciel de traitement.

Lightroom et Capture One pro sont très différents au sujet du traitement des RAW. Pour rappel, un fichier Raw contient de nombreuses données, de données de couleurs, de données tonales et de métadonnées.
Lightroom va traiter tous ses fichiers RAW de la même manière. Il place automatiquement, le réglage du profil au réglage standard d’Adobe. Pour appliquer le profil de votre couple appareil photo / obejctif, vous allez devoir changer manuellement le profil dans le menu développement.

Par contre, Capture One ne va pas négliger les métadonnées de la caméra. Il ne va figer les images dans un profil par défaut, mais utiliser le profil adapté. En ayant intégré un nombre incalculable de marques, d’appareil photos, et de modèle, Capture One connaît les caractéritisques de chaque matériel.

En fonction du modèle, du capteur… les images produites par différents appareils photos dans les mêmes conditions, vont être incroyablement différentes dans un programme informatique, à partir du moment où il sait lire et interpréter ces données brut.

Dans si on prend un même fichier RAW, et qu’on l’ouvre avec Lightroom, et Capture One, sans rien faire, vous va remarquer immédiatement que Capture One propose un meilleur rendu, en terme d’exposition, de couleurs… Par exemple, voici une même photo importée dans Lightroom et dans Capture One. C’est d’aillleurs, la différence de rendu qui m’a poussé à rédiger cet article.

Utilisation RAW Lightroom Capture One

On a l’impression que la version Lightroom (à gauche) et la version Capture One à droite. La version Lightroom semble plate et terne.

Le problème, c’est que Capture One se démarque de Lightroom dans tous les aspects du traitement de l’image brut, sauf un !

Le fichier DNG

Et oui, Capture One n’aime pas les fichiers DNG. A moins que l’appareil photo ne prenne en charge nativement ce format (comme Leica, Pentax ou Samsung), Capture One ne sait pas quoi faire avec un fichier DNG. Il peut lire les fichier et traiter l’information, mais il ne peut pas interpréter le format « standard d’Adobe » comme un profil d’appareil photo. Hors, le DNG, est par conception, destiné à créer un standard universel pour les fichiers d’images RAW et les négatifs numériques. Lors que vos RAW sont convertis au fichier DNG, ils sont alors convertis à une norme universelle, à travers le processus développé par Adobe pour interpréter au mieux les données des RAW. Capture One se basant sur les métadonnées caractéristiques d’un modèle de matériel est donc totalement perdu avec des métadonnées « lissées » et « standardisées ».

Le problème, c’est que j’ai converti tous mes anciennes photos en DNG (pour des gains de place et de compatibilité future)… Donc Capture One n’est plus capable d’interpréter les informations liées au matériel sur toutes ces photos ! et me contraint donc à repasser à Lightroom sur ces photos là.

Heureusement pour moi, le prix du stockage a considérablement diminué et la vitesse de traitement des disques durs augmenté. Je préfère donc oublier le DNG et garder mes RAW constructeurs et continuer mon catalogage (la grande force de Lightroom) sous Lightroom et mon traitement sur Capture One.

Au sujet de l’auteur : Kevin Patrick Robbins est un photographe (publicité et éditorial) basé à Hamilton (Canada). Vous pouvez retrouver son travail sur son site, twitter, facebook et Instagram.

A propos de l'auteur

Photographe professionnelle, je suis passionnée par les voyages, l'architecture et l'humain. J'aime raconter mes aventures à travers des reportages photo Vous pouvez découvrir mon travail sur mon portfolio : Créateurs d'émotions

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14 Réponses

  1. alain gazet

    Avez-vous coché l’option dans lightroom : incorporer le fichier brut d’origine ? dans les options DNG

    J’ai remarqué moi aussi une différence importante surtout avec la nouvelle version CC qui à tendance à lisser l’image (comme le curseur clarté), j’ai d’abord cru à un problème de driver de carte graphique mais votre article me met un doute sur la qualité intrinsèque du logiciel d’Adobe…

    Dés que possible je ferais des tests.

    Je possède un D810 avec d’excellentes optiques donc ma source ne pourra pas être mise en cause

    Merci pour votre article

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  2. Michel Delfeld

    Avant toute autre considération, il faut ajouter que comme le format TIFF, le DNG est un “invention” de Adobe qui a vu dans la création du DNG un intérêt commercial non négligeable.

    Personnellement, je n’ai essayé que quelques fois ce format. Je l’ai abandonné voyant que le DNG n’avait rien “d’universel”. Je suis donc resté lié au TIFF 16bits qui est le format qui m’offre le plus de possibilités.

    Par ailleurs, LR même la dernière version CC n’offre pas aisément/exactement la reconnaissance du couple boitier/objectif. Pas plus que Capture One.

    LrCC reste un cataloguer très efficace et pratique, mais j’utilise DxO DOP pour le le traitement des RAW.

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  3. Terrier Gérard

    Je ne comprends pas ce raisonnement de comparer une image brute de capteur pour juger d’un logiciel. Je suppose qu’une fois importées ces images vont être traitées et c’est donc à la fin du traitement que l’on pourra juger objectivement si tel ou tel logiciel convient mieux ou non

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    • Celine Manceron

      Ce n’est pas le logiciel qui est jugé mais le format. La personne et photographe souhaite nous expliquer qu’elle est passée au DNG pour sortir des Raw des propriétaires mais que l’utilisation de Capture One n’est pas adapte. Que l’image soit traitée ou pas, le format DNG ne pourra jamais lui offrir ce qu’elle cherche au final.

      C’est juste un témoignage

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  4. Georges Abitbol

    Donc Capture One fait aussi apparaître des grains de beauté?
    Intéressant…Et relativement surprenant comme témoignage.

    Donc si je suis le raisonnement :

    – Le DNG c’est pas reconnu par Capture One et c’est bien dommage car Capture One est mieux que lightroom (il fait apparaître des grains de beauté sur le monsieur! Donc il est plus beau).
    – MAIS heureusement j’ai un gros PC et stocker des fichiers RAW ne pose plus de problème (et on vous l’avait pas dit? le le DNG c’est un peu has been, il manque des informations)
    – DONC je peux garder Capture One qui est super vachement mieux, et je me demande pourquoi vous ne l’avez pas encore acheté… (Bon on peut utiliser lightroom pour le catalogue hein…)

    Ne frôlerait-on pas le “publi-reportage” là? C’est tellement bidon…
    Nan parce que si on n’avait juste à parler de format différents, pas la peine de faire intervenir des nom et marques de logiciels…

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  5. Gilles

    Céline,

    Je suis très étonné par ton article qui, au lieu de partir sur un cas de première main – le tien – , avec tes propres exemples concrets, ne fait que reprendre un article très ambigu et maladroit pour assoir un avis définitif sur le DNG.

    Comme dans l’article d’origine, je trouve qu’on mélange un peu tout. Si personne ne conteste les qualités de Capture One, notamment sur la couleur et le croustillant à l’ouverture, je ne vois pas ce que cela a à voir avec la pertinence (ou pas) du format DNG. Il s’avère que la prise en charge du DNG est au mieux ambigüe, au pire maladroite, et que l’éditeur Danois devrait trancher une bonne fois pour toutes : soit adopter le format de la même manière exemplaire que DxO, soit ne pas le prendre en charge du tout, ce qui aura le mérite d’être clair.

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    • Celine Manceron

      Bonjour Gilles,
      Effectivement, il s’agit d’un témoignage d’une autre personne. J’ai choisi de le mettre sur Photopassion, car à mes yeux, son cheminement de pensée était cohérent, et il était intéressant de le transposer.

      J’ai bien précisé que c’était un témoignage, et que ce n’est pas forcement ce que je pense.

      A ce sujet, je suis justement en train de me renseigner pour réaliser un (ou une série) article plus “objectif” sur les différents formats.

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  6. Gilles

    Il y a aussi un certain nombre d’erreurs techniques dans ton article.

    Tout d’abord, en ce qui concerne la vitesse de traitement, l’accélération graphique de Lightroom n’y est absolument pour rien, elle se cantonne uniquement à fluidifier l’affichage dans le module Développement.

    Ensuite, le profil de rendu qui peut remplacer Adobe Standard n’est pas un profil boîtier/objectif, mais un profil de simulation du rendu constructeur et de certains styles d’image constructeur, basé effectivement sur le modèle de boîtier. Il s’agit de profils d’entrée, et on peut d’ailleurs utiliser des profils personnalisés.

    Et quand tu dis que Capture One va tenir compte des métadonnées et des caractéristiques de l’appareil, c’est tout à fait inexact, et le logiciel ne fait rien de plus que les autres : les appareils sont profilés en labo, et ces profils sont incorporés au logiciel. C1 n’a aucune exclusivité : tous les dématriceurs du marché fonctionnent, peu ou prou, de cette manière.

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  7. Gilles

    Après, le choix du logiciel de traitement de fichiers Raw est très subjectif et doit d’abord répondre aux goûts et aux besoins du photographe. Chacun a ses avantages et ses inconvénients :

    – C1 est très bon en chromie, et est très orienté studio, même s’il convient tout à fait à d’autres types de prise de vue.
    – Lr a une approche plus généraliste et sa grande force réside dans le flux de travail et son écosystème.
    – DxO Optics pro est le champion des automatismes, de la correction optique et du traitement de bruit.

    Les trois programmes permettent d’obtenir des résultats de très haute qualité, et les écarts vont de toute façon se réduire dans les sorties (impression, publication Web).

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    • Celine Manceron

      Merci beaucoup Gilles pour toutes ces précisions.
      Personnellement, je reste une adepte du LR, du fait de son approche généraliste 🙂 J’ai testé et bien accroché sur Dxo Optics Pro, mais je l’utilise trop peu à mon goût. Quand à C1, je ne l’ai pas encore testé. A venir surement !

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      • Gilles

        Hello Céline,

        Pas de soucis.

        Oui, il faut tester les logiciels mais il faut surtout trouver celui qui convient le mieux à ses goûts et besoins personnels.

        Petite précision par rapport à un autre commentaire, nulle part je n’ai dit que C1 n’était que pour le studio. Il convient à tous les types de prise de vue, bien entendu, mais s’avère particulièrement bien équipé pour le studio, notamment en répondant à certaines exigences du point de vue chromie et en offrant une palette très complète d’outils de pilotage de l’appareil photo.

  8. DOCTEUR COULEUR

    Bonsoir
    Allons, allons Messieurs … La dame ne fait que relayer un article et avis qui n’est pas sien donc inutile de lui tomber dessus surtout avec des arguments qui tiennent en rien la route.
    En effet, pour parler de CAPTURE ONE PRO encore faut il le maîtriser parfaitement. Par exemple dire que le logiciel Danois ne serait fait que pour du studio et ne posséderait pas de gestion du workflow est une simple erreur de débutant ne connaissant en rien le logiciel en tout les cas dire cela c’est ne point le connaitre
    Avec l’apparition de la version 8 il est clair qu’il peut rivaliser sans aucun soucis face à la solution californienne et cela sans aucun problème.
    Qui plus est, il est notable q’en terme de développement des fichiers RAW il est de loin le meilleur sur tous les aspects
    Aussi comparer une solution professionnelle à des autres qui ne sont que des produits amateurs mal aboutis est une ineptie la plus totale

    Enfin oui le DNG n’est en rien une solution miracle et ne peut rester valable (et encore travailler en RAW natif est bien meilleur) que dans un flux 100% Adobe. J’ai par exemple aisément démontrer les soucis en terme de WB (appelée en France la balance des blancs) entre un RAW propriétaire (ex : NEF Nikon, CR2 Canon…) et un fichier DNG issu d’une transformation du RAW vers ce format qui n’est en rien le sauveur qu’on souhaiterait nous faire croire

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  9. David

    Intéressant comme point de vue, mais je pense qu’il est bien spécifique au style de photo du monsieur et à son utilisation de LR/Capture One.

    Pour ma part, j’utilise un boitier Pentax et le format DNG n’a que des avantages:

    – Pas besoin de conversion dans LR (le boitier enregistre directement en DNG avec tte les métadonnées), importation plus rapide.
    – le DNG est lisible directement dans n’importe quelle appli (y compris dans Capture One).
    – le profil ICC Pentax est embarqué dans le DNG (mais celui d’Adobe est généralement plus flatteur)
    – le format DNG permet d’embarquer le RAW d’origine si on le souhaite.
    – le format DNG est en lecture/écriture, on peut mettre à jour la ou les aperçus (dans le cas de copies virtuelles LR) ainsi que les métadonnées sans avoir à trimbaler un fichier “sidecar” à côté de chaque fichier ou dans un dossier comme le fait Capture One.

    Après effectivement dans l’exemple, le portrait de droite est plus flatteur, mais je n’ai pas remarqué cela avec mes propres photos, ça doit dépendre des boitiers? Et question traitement, je pense aussi que c’est une affaire de gout et de style de photo. Capture One ou DXO ont beau s’améliorer de version en version, je trouve LR beaucoup plus intuitif à utiliser, plus complet, beaucoup plus fluide/rapide et surtout la retouche locale est vraiment mieux que ses concurrents. Les 3 grands logiciels sont en version démo et c’est vraiment facile de se faire sa propres options. Il m’est arrivé de préférer DXO ou Capture One, mais ça ne dure généralement pas longtemps, quand on a gouter à LR, on peut difficilement passer à autre chose.

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  10. laurent

    le coup du “mes couleurs sont plus vives dans l’autre logiciel” reste plus que douteux. L’interprétation de base des couleurs par LR ou C1 reste issue d’un profil colorimétrique par défaut pour chaque boitier.
    Une bonne comparaison de rendu des couleurs ne devrait se faire que sur la base de profils colorimétriques dédiés à la séance de prise de vue (c’est fou ce qu’on peut faire avec une charte de couleurs !). Après nous pourrions éventuellement comparer la capacité de LR ou C1 à reproduire fidèlement les couleurs, après que le photographe décide de styliser la photo à son goût (plus de contraste, de luminance, etc etc ).

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