
En surfant sur le net je vois l’interview d’un jeune photographe aveugle, cette interview est tellement bien faite et les reponse sont tellement profonde qu’il fallait obligatoirement que je vous le montre en voici l’integralité. L’interview a ete realisé par Shingo de l’agence AFP
Yutaka Meijo retient sa respiration pour que l’appareil photo reste bien en place, fait soigneusement la mise au point sur l’objet et attend juste un instant avant d’appuyer sur le déclencheur, en faisant confiance uniquement à ses oreilles et à son intuition.
"Je prends des photos en me basant sur le son", explique ce jeune homme de 18 ans qui a perdu la vue à l’âge de 7 ans.
Il prend des photos de ses deux amis malvoyants qui jouent au ping pong avec une balle munie d’une clochette à l’intérieur.
"J’appuie sur le déclencheur et je n’hésite pas quand je pense que le moment est le bon. Il ne peut pas se représenter deux fois. C’est mon secret pour prendre des photos", dit-il.
Yutaka est l’un des 23 jeunes photographes d’une école pour aveugles de Yokohama (sud de Tokyo), dont les photos attirent de plus en plus l’attention du public.
"Je peux calculer la distance d’un objet à l’oreille", affirme Yuta Ueno, 12 ans, rencontré lors d’une exposition à Tokyo des oeuvres de ces jeunes aveugles accompagnées de légendes en braille et en japonais.
"Je n’ai aucune conception de la couleur, mais quand je prends des photos, j’utilise mon imagination à son maximum", dit Yuta, qui sourit en mimant les gestes du photographe.
Les adolescents ont tenu un appareil photo dans leurs mains pour la première fois il y a deux ans et demi quand Hiroshi Suga, un photographe japonais plusieurs fois primé, a donné une conférence dans leur école.
Suga, connu pour ses photos documentaires prises à travers toute l’Asie, dit de ces enfants qu’ils ont "les yeux du cœur".
"Quand je leur ai dit de prendre un appareil, ils l’ont d’abord tenu à l’envers, ou bien la tête en bas, pendant que d’autres couvraient l’objectif avec leurs mains", se souvient-il.
"Mais ils ont vite appris et j’étais vraiment surpris de voir à quel point leurs photos étaient impressionnantes. Ca allait au-delà du travail ordinaire fait par monsieur tout le monde."
Suga leur a confié des appareils classiques, pas des appareils numériques, et leur a demandé de photographier tout ce qu’ils voulaient.
Les étudiants ont développé leurs propres techniques pour compenser leur handicap, par exemple en tapant du doigt sur l’appareil pour attirer l’attention des gens qu’ils photographient.
"Leurs photos sont naturelles et honnêtes", juge Suga, en regardant leurs travaux dans son studio.
"J’ai toujours dit que les photos doivent refléter les photographes eux-mêmes et leurs photos prouvent que je disais juste", estime-t-il.
Suga a décidé de montrer ces photos au public et a organisé une exposition l’an dernier dans la ville portuaire de Yokohama, suivie de la publication de deux albums intitulés "Gosses photographes".
L’exposition s’est promenée à travers une partie du Japon, y compris à Tokyo, attirant beaucoup de monde et permettant la vente de 7.000 albums.
"Rien n’est limité dans la vie", estime Suga . "Les enfants ont un désavantage, c’est sûr, mais ils ne sont pas pitoyables".
Kanna Yoshida, 14 ans, emporte son appareil photo avec elle partout où elle va, car, dit-elle, les photos lui permettent de "visualiser" les souvenirs dans son esprit.
L’une de ses photos montre un jeune garçon la regardant dans les yeux, pas vers l’objectif, alors qu’il joue dans un parc un jour de printemps ensoleillé.
"Je ne peux pas voir mes photos, bien sûr", dit Takahiro Tsurui, 14 ans, qui a perdu la vue il y a 4 ans dans un accident.
"Mais prendre des photos est important en soi. Je peux imaginer ce que j’ai photographié", ajoute-t-il, en effleurant un texte en braille sous sa photo d’un château.
Takahiro dit que la photographie l’a aidé à avoir confiance en lui pour sortir et parler aux gens.
"Peu importe quel métier je ferai plus tard. Je veux continuer à prendre des photos toute ma vie".


Époustouflant d »avoir une telle ouverture et de permettre tout cela, nous n’en sommes pas encore là en occident…