Aujourd’hui c’est Christophe Flers que j’ai eu l’occasion d’interviewer, photographe de mariage qui est maintenant reconnu internationalement dans le domaine et faisant parti de la célèbre “Best of Wedding Photography”. Je remercie Christophe d’avoir pris le temps de répondre à mes questions et je vous invite à vous rendre sur son site www.christophe-flers.com.

Comme d’habitude je vous laisse commenter l’interview

Christophe, peux tu te présenter en quelques lignes ?

Bonjour, je m’appelle Christophe Flers, photographe spécialisé dans le mariage. J’ai 32 ans et je suis le papa de 2 adorables bambins. Je suis un photographe autodidacte, installé à mon compte depuis 4 ans. J’ai travaillé auparavant dans un magasin de photos. J’ai commencé à faire de la photo dans les salles de concert (il y a 10 ans environ), avant de découvrir ma passion pour la photographie de mariage.

Quel est ton matériel photo ?

Un Nikon D700 et un 24×70 f/2.8.
J’utilisais encore un peu un 70×200 f/2.8 la saison dernière mais je l’ai “abandonné” en cours de saison, et je ne le prendrai pas avec moi pour 2010. J’aime être “léger” et discret.
Je rêve d’un petit Lumix/Leica aussi performant en terme de sensibilité, de visée et de vitesse qu’un reflex pro, afin de passer encore plus inaperçu !!! Allez, encore quelques années, ça vient 🙂
Pour la post prod, un Mac Pro, mon bel écran Eizo, et Lightroom.

Comment est venue la passion de la photo ?

Elle me vient en fait d’une “frustration”. J’ai toujours voulu, d’aussi loin que je me souvienne, avoir une activité plastique. Je n’ai jamais été très doué dans les activités artistiques, et sur le tard (vers 20 ans), j’ai découvert un peu par hasard que je me débrouillais pas mal avec un appareil photo. J’ai aiguisé mon sens photographique en faisant des photos de concerts (le Rock’n’Roll est ma première passion !!!). J’aimais me fixer des limites : toujours au 28mm, toujours le même film (HP5+ poussée à 800 iso), etc… Cela m’a beaucoup aidé à grandir et à inventer.
Tout cela marchait pas mal et j’ai même fait quelques expos dans des salles de concert.
A l’époque, je ne pensais pas vraiment à faire de la photographie une profession, ou alors, doux rêve, comme photographe de concert, ou photojournaliste.
Ensuite j’ai découvert, alors que comme beaucoup de mes amis photographes j’avais une très mauvaise image de la photographie de mariage, ma passion pour cette dernière, en photographiant un mariage familial.
J’ai découvert l’ambiance particulière et extraordinaire qui se dégage de cette journée, et j’ai surtout pris conscience qu’on pouvait aussi photographier le mariage comme on en avait envie, et que la photo de parc n’avait rien d’obligatoire !!!



Comment es-tu arrivé à faire des photos pro ?

J’ai eu la chance (bon, je me suis bien battu aussi il faut dire !!) d’être embauché dans un magasin de photo. J’étais à mille lieux de ce que j’imaginais, mais cela m’a permis de faire des rencontres, de mieux connaître “le milieu”, de tâter du matériel que je ne pouvais m’offrir, et surtout de voir ce qu’il était possible de faire, les erreurs à ne pas commettre, etc…
Quand je me suis senti prêt, j’ai passé le pas et me suis installé, avec un statut d’artisan. J’ai pas mal bricolé au début, cela n’a pas été facile tous les jours, j’avais beaucoup de lacunes techniques, mais aussi en marketing, en gestion, etc, mais une soif d’apprendre et de réussir qui m’ont permis de tenir le cap !!!

Lors d’une série de mariage comment te prépares-tu ?

Je refais 5 fois mon sac (je suis une vraie tête en l’air, un jour j’oublierai de prendre mes cartes !!!).
J’essaie de bien dormir. Je repasse ma chemise 🙂
J’enregistre dans le répertoire de mon téléphone tous les contacts importants du jour (parents, témoins, amis, etc), je programme le GPS avec tous les lieux importants de la journée si je dois prendre la voiture.
Je rencontre une dernière fois les mariés quelques jours avant. Cela me permet de bien me concentrer sur leur mariage, sur leur famille, leur vie.

Que trouve-t-on dans ton sac photo mariage ?

En fait j’ai deux sacs…

  • Un Shootsac pour la journée, presque vide finalement puisque mon boitier et mon objectif sont dans ma main. J’ai donc dans le sac mon téléphone, un peu à manger et une bouteille d’eau (quand j’y pense !!!), des épingles à nourrice, des pinces à cheveux, etc (bref, le kit de survie des mariés !!!), et puis bien sûr des (petites) cartes mémoire, des batteries, et un “videur de cartes”, pour transférer mes images dès que j’ai 2 minutes (je ne formate pas mes cartes dans la journée, mais cela me permet d’avoir un double au cas où, et me fait gagner du temps aussi au moment de tout transférer dans l’ordi).
  • Un sac que je laisse dans le coffre de la voiture avec un boitier et un objectif de secours, mon MacBook au cas où, un flash.


Quel post-traitement t’autorises-tu sur tes photos ?

Pour moi, la post prod n’est pas “un problème”. C’est une interprétation que l’on fait de l’image, après coup certes, mais elle fait partie intégrante, à mon sens, du travail de photographe. On interprète un moment en le photographiant : l’angle de vue, la gestion de la lumière, le cadrage, sont déjà des interprétations. La post prod n’est qu’une étape supplémentaire. J’ajouterai que pour moi la post prod n’est pas quelque chose de nouveau, d’inhérent à l’aire numérique, puisque je me souviens du temps passé dans ma salle de bain, sur mon agrandisseur, à déjà faire, en quelque sorte, de la post prod !!
J’ai fait cela dit le choix de me limiter, sur lightroom, à un minimum de presets (un traitement couleur, un noir et blanc, un sépia, et un traitement couleur que j’appelle “vintage”, même s’il ne l’est pas du tout, vintage…). Cela a deux avantages : créer une unité et un style reconnaissable, mais aussi gagner du temps en post prod !!!
Car qui dit “pro”, dit aussi rentabilité, et donc faire le maximum de choses en un minimum de temps !!! Car oui, il faut gagner sa vie, sans pour autant trop “charger” ses mariés… Bref il faut aussi savoir être efficace !!!

Pour un photographe qui débute dans le domaine de la photo de mariage, quels sont les 3 conseils que tu pourrais donner ?

  1. Apprendre et travailler : La technique photographique, l’image de marque, le positionnement sur le marché, le rapport avec les mariés, tout cela s’apprend, se travaille… et évolue vite, très vite… Par exemple, l’arrivée de la convergence photo/vidéo est un défi qu’il va falloir “affronter” dans les années / mois à venir, quels seront les suivants ?
  2. Se démarquer – se positionner : le marché de la photo de mariage est archi saturé. Allez faire un tour dans les salons du mariage, sur les forums, les photographes sont les plus nombreux. Et avec l’arrivée des auto entrepreneurs, le nombre de photographes va croître encore et encore !!! Face à cette concurrence, il devient urgent de faire un travail remarquable (au sens premier : qui se remarque), bien cibler sa clientèle, afin de sortir de la masse… se créer une “niche”. En bref, il faut créer sa “Vache Pourpre” (et donc lire le livre du même nom, de l’excellent Seth Godin !!!).
  3. S’éclater !!! Faites d’abord ce que vous aimez, vos clients vous le rendront !


Ton travail a été reconnu par la communauté photographique internationale, comment as-tu réagi à ce moment-là ?

Et bien, j’ai été vraiment heureux, bien entendu, et très fier du chemin parcouru !
Je suis toujours, constamment, dans le doute par rapport à mon travail, mes images, mon parcours. On me dit toujours que c’est une qualité, car c’est aussi ce qui permet d’avancer et de progresser. Je suis d’accord mais il faut aussi avouer que cela est aussi une posture bien inconfortable, de toujours douter. Quand j’ai reçu les résultats du contest de l’ispwp, quand j’ai été accueilli par Best of Wedding Photography, et que j’ai vu mes images (familières…), au milieu de tous ces photographes talentueux, qui sont pour certains mes idoles, l’espace d’un instant j’ai vraiment cessé de douter… Et cela fait du bien…

Cela est-il un aboutissement ou alors un nouveau défi ?

Ni l’un ni l’autre… Cela serait dommage que ce soit un aboutissement… Je suis encore un peu jeune pour aboutir… 🙂 Difficile d’y voir un nouveau défi aussi… Concrètement, comme je l’ai dit dans la précédente réponse cela apporte de la confiance.
D’abord pour soi, car on voit où l’on en est, où l’on se situe : quand on est photographes autodidacte comme moi, on doute souvent de son statut de photographe (de quel droit puis-je m’affirmer photographe ?), donc une reconnaissance par ses pairs fait du bien au moral.
Mais, surtout, cela apporte de la confiance à nos clients (actuels ou potentiels), qui peuvent se faire une idée de la valeur de notre travail. En ce sens, on peut dire effectivement que c’est un défi : car à partir de là, on n’a plus le droit à l’échec, on ne doit en aucun cas trahir la confiance que nos clients ont en nous !!!!

Promets tu de nous tenir au courant de tes prochaines grandes séries ?

Bien sûr… Cela peut passer aussi par mon blog (http://www.christophe-flers.com/dotclear/index.php) ou ma fan page (http://www.facebook.com/pages/Christophe-Flers-Photographe/142241381208)

Aurais tu des conseils ou des améliorations à suggérer pour photopassion.fr

Huuummmm…. non, ça m’a l’air bien parti 🙂

11 Réponses

  1. Hector_nector

    Bravo, très bon reportage et Christophe nous donne envie de continuer la photo mais nous montre aussi que c’est un travail long et éprouvant

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  2. Manewvision

    Post très intéressant.
    La passion peut parfois amener de grandes satisfactions, bravo pour le Best of Wedding Photography et bonne continuation !

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  3. celk

    Très belle interview, et félicitation à Christophe. Les quelques photos mises dans l’article sont splendides !

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